L' agenda culturel caennais

On y était : l’édition 2014 de Chauffer dans la Noirceur

Publié par le 18 juil 2014 dans Blog, Live Report, Musique | 2 commentaires

Du soleil, des artistes, des animations sans oublier la plage, ce week-end au festival Chauffer dans la noirceur à Montmartin sur Mer restera gravé dans les esprits.

Après avoir traversé le bourg de Montmartin Sur Mer, la route nous mène sur une vue imprenable du site du festival où les couleurs vives des chapiteaux dominent. La mer quasiment pleine et sa plage de sable fin nous offre un avant goût du week-end qui promet d’être plein de surprises.

Le camping juste derrière les dunes, commence à se remplir, les premiers festivaliers arrivés gardent de la place au retardataires, dans moins d’une heure c’est l’ouverture du festival. C’est au son des première balances que l’on sait que les portes sont ouvertes. Le site est aménagé de canapé de récup’, d’enrouleurs de câbles comme table d’appoint et de transats en palette pour le bonheur des festivaliers. En découvrant le site, on se rend compte des valeurs de l’association organisatrice, c’est un festival écho-citoyen : des toilettes sèches tenues par ‘les copeaux d’abord’, un village associatif, le stand de prévention, des produits bio…

Sous le chapiteau, Carmen Maria Vegas fait sont entrée sur scène accompagnée d’un batteur. La chanteuse entre dans son rôle, celui d’une femme désinvolte et sexy. Sa voix et ses mimiques nous offrent un spectacle aux limites du théâtre. Ses chansons, sur fond musical jazzy rock, sont drôles et arrogantes, et c’est comme ça que le public l’aime.

A la sortie du chapiteau, il y a quelques personnes qui attendent l’arrivée de Christine and the Queens devant la scène Mer. Une fois les musiciens installés, la chanteuse arrive sur scène en compagnie de deux danseurs et balance une pop pétillante accompagnée par sa voix christaline. Christine and the Queens qui a été nommée comme révélation aux dernières victoires de la musique, n’est pas simplement une chanteuse, elle surprend le public au milieu du concert avec une chorégraphie improvisée. Le public est conquis, le nombre de spectateurs a amplifié en quelques minutes.

Vers 23 heures, le troisième oeil, petite scène destinée aux découvertes musicales, commence à se remplir: c’est Gandi Lake qui s’installe. Groupe émergent de Caen, Gandi Lake est formé des membres des groupes Granville et Goodbye Horses. Ce mélange nous offre une pop anglaise aux inspirations seventies à consommer sans modération.

Pendant ce temps là, le groupe de Kévin Barnes, Of Montreal joue son dernier album  » Lousy With Sylvianbiar » sur la grande scène. Le public est très réceptif au rift de la guitare électrique et à la voix rock du chanteur. Sur la scène Mer, changement de registre musical : Gnucci, l’étoile montante du Hip-hop, envoûte le public par son flow rapide et efficace. La soirée continue et monte en puissance avec la pop electro de Kederbostany. On finit la soirée avec Salut c’est cool, un groupe qui surprend par ses univers variés allant du punk à la techno en passant par du hardcore.

 

Le samedi matin sur le camping, les festivaliers se remettent des concerts de la veille tout en discutant du programme de la journée. Le site du festival, ouvert gratuitement la journée, propose des animations gratuites pour les enfants avec des jeux, du maquillage, des spectacles…au milieu du site, des bénévoles installent une radio éphémère qui commencera son émission en début de soirée. De retour du coté des tentes, c’est aux toilettes sèches du camping que ça se passe, deux bénévoles chantent à capela avant de laisser place au DJ Electronic kolors qui propose un set acid house. Le soleil étant de la partie, beaucoup vont se détendre sur la plage bien que la mer ne soit pas là. Des activités sont proposées comme le Bourkar, sport imaginaire mêlant les règles du rugby au hand où presque tous les coups sont permis. Pour les moins sportifs, la compagnie Lagoa Azul impressionne par sa chorégraphie de capoeira sur la plage et l’on entend la fanfare Press//beat qui se rapproche au rythme des trompettistes.

A 19 heures, la billetterie est ouverte, Radio Charette, radio itinérante d’hyper proximité couvre l’événement en direct. Le groupe folklore d’Hérouville Saint Clair, Grand Parc fait son entrée sur la scène du grand chapiteau. Sur la scène Mer au tour de Mort Mort Mort de faire son show. Tous les fans de hardcore s’y retrouvent : un gros son de guitare rouillé, une batterie violente et des voix hurlantes. Dans le petit chapiteau du troisième oeil, un homme avec sa guitare chante en anglais accompagné d’un violoncelle, la mélodie est belle et la voix nous envoûte, c’est Jahen Oarsman! Ce musicien basé à Caen avait déjà ébloui le public de chauffer lors de la soirée Réveillons nous en décembre dernier.

Il est déjà 21 heures et tout le monde en parle, il faut aller voir Ez3kiel extends! Le chap’itophe est déjà bien remplit, l’arrivée des trois membres du groupe et de son orchestre symphonique se fait devant les acclamations du public. La mélodie des violons accompagne parfaitement le son des machines de Johan Guillon et les percussions de Stephane Babiaud, le public est envoûté sans compté sur le visu 3D psychédélique du troisième membre du groupe Yann Nguema. Même à l’extérieur, la musique rend l’atmosphère apaisante. A la fin du concert, les musiciens au complet saluent le public qui les applaudit sans relâche.

Sur la scène Mer c’est le groupe Cheveu qui se prépare à renverser la foule, leur style : du garage punk ! Les premiers riff de guitare donne la note, le public commence à danser et ne compte pas s’arrêter.

Un peu plus tard, de retour sous le grand chapiteau, il y a du monde! C’est Bam Maguera que l’on attend, skateur pro et membre des Jackass il y a quelques années, il a créé son groupe Bam Margera’s FuckFace unstoppable. Un homme fait son entrée simplement vêtu d’une cravate, une bouteille de vin rouge à moitié vide à la main, ce n’est pas lui mais ça annonce la couleur. Au bout de cinq minutes le fameux Bam Margera arrive, il crache un ‘fucking ass all’ au public qui l’acclame. Malgré le temps, il n’a pas changé et garde sa marque de fabrique, faire ce qu’il veut sans limites et la musique en est un bon moyen. Le groupe joue du punk rock à faire trembler le sol et les plus inspirés commencent un pogo interminable devant la scène. Malgré quelques rappels, les membres du groupe ne reviennent pas.

La pluie s’invite en milieu de soirée mais ne démotive pas les festivaliers pour danser devant la scène extérieure devant Teldem Com’unity. Les cinq membres du groupe balancent un son dub noisy en jouant avec un ordinateur, une batterie, une bass, une guitare et un synthé. Les morceaux interprétés ont tantôt des influences rock, reggae ou electro et pendant le concert un des membres du groupe pose sa voix sur les sons plus rap et le bassiste troque sa bass pour une flûte traversière qui apporte une touche exotique au concert.

Les pas de danse se sont accélérés sous le Chapi’tophe avec le son electro de Danger. Un Dj, à l’apparence d’une mouche ou d’un d’extraterrestre d’après les festivaliers, envoie de l’électro bien trempé et fait taper du pied tous ses fans. A la sortie du live, la soirée ne fait que commencer puisque c’est The Blaze qui prend les rênes et emmène les nombreux danseurs dans une dimension parallèle, leur dimension: un mélange musical et cinématographique.

Dimanche, c’est le dernier jour, la fatigue commence à se faire ressentir chez les festivaliers et les nuages n’arrangent pas la chose. Après un petit déj’ pris sous le chapiteau bar, il est temps d’aller faire un tour du coté des associations. Un espace leur est réservé sur le site du festival, on y retrouve le Secours populaire ou AVRIL, et d’autre association moins connues comme Mano a Mano qui apporte son aide au bidonville de Ensenada. Devant ce petit chapiteau, un homme construit les débuts d’un mur en matière écologique.

Le soleil fait son apparition milieu de journée et les festivaliers viennent se reposer sur la plage, de nouvelle partie de Bourkar se préparent sur le sable et un artiste land art écrit les initiale CDLN au sable sur une planche de bois. De retour sur le camping, il y a du monde aux toilettes sèches, les amateurs de trance se rejoignent autour du Dj Electronic Colors pour un set trance minimale et progressive. Pour les festivaliers moins électronique, la compagnie Press/Beat, nous entraîne de nouveau vers la mer au son des instruments cuivre.

La journée se passe sous un soleil de plomb et la mer arrive à grand pas pour nous rafraîchir avant le début des concerts. C’est The Endeless summer et la méga soufflerie qui entame la dernière soirée , un chanteur charismatique entre sur la scène entouré d’un batteur, et d’un orchestre. La musique est entraînante et la voix du chanteur, inimitable. Vers 20 heures, Ajeya fait son entrée sur scène, dès la première chanson le public est scotché par la voix grave et chaleureuse de la chanteuse. Le son est plutôt trip-hop mais on reconnaît des influences grunge.

Sous le Chap’itophe, de nombreux spectateurs attendent le charismatique Miossec, grosse tête d’affiche de ce week-end, qui vient jouer dans le département pour la première fois. Entouré de ses musiciens, le chanteur offre au public un mélange de ses chansons que l’on connaît tous et de son nouvel album. Le public est assez calme, Miossec, il faut l’écouter, bien l’écouter. A la fin de son concert, le public est ravi de sa prestation est en redemande encore malheureusement sans succès.

Sur la scène Mer les quatre garçons de Samba de la Muerte font leur apparition pour entraîner la foule vers une musique suave et appaissante. Le coucher du soleil rend l’instant magique tant par la beauté visuelle que la beauté de la voix scintillante du chanteur.

De retour sur la grande scène, les fans de reggae sont assis par terre à attendre leur idole Anthony B qui se fait attendre pendant qu’un de ses compères chauffe le public. Lorsqu’il fait son apparition, la foule l’acclame, le groupe commence à jouer un de ses classiques : word a reggae music. Pendant tout le concert, Anthony B danse et fait danser la foule aux rythmes de ses titres, mélangeant son dernier album au plus ancien. Malgré les rappels, Anthony B ne reviendra pas.

Sur la scène Mer, c’est Anakronic electro orkestra qui commmence à jouer accompagné de Taron Benson, une rappeuse venue de Brooklyn. La musique sortie des instruments et des machines du groupe donne le ton aux paroles de la chanteuse. C’est ensuite au tour de FFF, autrement dit Fédération Francaise de Fonck, de faire le monter le son ! Du coté de la petite scène, les moins fatigués se motivent pour un dernier set transe avec Hassan K. Venu d’Iran, sa musique fait jumper le public jusqu’au bout de la dernière nuit du festival.

Chauffer dans la noirceur, vous l’aurez compris n’est pas un rendez vous comme les autres. 8000 festivaliers, une quarantaine d’artiste, la plage, les animations de journée… bref réservez déjà votre week-end du 14 juillet 2015 !

2 Commentaires

  1. article très intéressant et très pertinent, on ressent l’ambiance du festival au fur et à mesure de la lecture. Les photos sont superbes et donne le ton.

  2. merci Florence pour se compte rendus efficace de se beaux week-end à Chauffer! mai il y a un détail; on ne prend pas le petit déj au « chapiteau bar » mais à L’EPICERIE !
    A l’année prochaine, et surtout passe à l’épicerie!!

    Larry

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