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Festival les Boréales 2014 : Entretien avec Jérôme REMY (directeur artistique)

Publié par le 18 oct 2014 dans Blog, Interview | 0 commentaires

La 23ème édition du Festival Boréales aura lieu sur Caen et la Région Basse-Normandie du 13 au 30 novembre 2014. Rencontre avec Jérôme Remy, directeur artistique et programmateur du festival. 

  • Pouvez-vous nous présenter le festival les Boréales pour ceux qui ne le connaissent pas encore ?

C’est un festival qui est difficile à présenter, car c’est un événement pluridisciplinaire. C’est le seul festival en Europe du Sud consacré à la culture de l’Europe du nord. Nous essayons, dans une région qui a des relations historiques avec l’Europe du nord, de présenter la scène contemporaine artistique des cinq pays nordiques et des trois républiques baltes dans à peu près tous les domaines, aussi bien des expositions- photos que des concerts, du cinéma, de la danse, du cirque, et des événements pour le jeune public.. Nous essayons de faire un festival comme ceux organisés en Scandinavie. En France on a l’habitude d’un festival sur trois jours sur un site unique, alors que dans le reste du monde il y a de nombreux festivals qui sont pluridisciplinaires et c’est ce qu’on a voulu faire depuis le début des Boréales.

  • Comment expliquez-vous ce succès qui perdure maintenant depuis 23 ans ?

C’est la 23ème édition cette année, mais nous avons connu un succès lent et stable, c’est-à-dire que l’on a construit une relation au public petit à petit et une communauté de fans extrêmement large, mais aussi extrêmement fidèle. Elle vient d’un peu partout en France et de plusieurs pays européens. En terme d’âge, on a aussi bien un public jeune, qui a découvert le festival au lycée. Nous avons également des personnes qui suivent le festival depuis ses débuts il y a 23 ans, et qui, de près ou de loin, ont un rapport avec la Scandinavie. C’est une zone géographique qui les fait rêver, la plupart y est allée.

La Scandinavie  c’est un endroit qui génère des valeurs différentes de celles d’autres pays européens, Et c’est super important ! En fait, tu ne deviens pas fan de la Scandinavie par hasard. Ça correspond à un certain nombre de valeurs particulières . Les Scandinaves ont le souci du bien être social de l’individu, sur l’écologie, sur la parité, la culture ou encore l’éducation etc…  Je pense que si tu as envie de voyager là-bas, tu y vas parce dans le but d’y découvrir une société, une manière de vivre ensemble qui est différente de celle qu’on connait en France.

  • Comment travaille le programmateur du Festival les Boréales pour trouver toutes ces découvertes ?

Nous voyageons beaucoup, nous allons en Europe du Nord pour notamment y rencontrer les personnalités influentes, celles qui sont un peu singulières et atypiques. Il y a énormément d’artistes en Europe du Nord.

Parmi les 5 pays qui la composent, c’est particulièrement important. Même si ce sont des petits pays, il y a énormément de propositions. C’est en s’informant, en étant toujours connecté et en maintenant les liens, que l’on est à même de voir et de choisir ce qui conviendra le mieux à notre public. C’est un travail de veille permanente. C’est notamment grâce à tout ce travail de prospection, et cette attention constante, que nous avons pu, par exemple dénicher une pépite telle que Bror Gunnar Jansson, un bluesman suédois à ce jour, quasi- inconnu du public français. C’ est vraiment un type incroyable qui, notamment est  signé sur un label de Courseulles sur Mer : Normandie Blues.

  • Les artistes que vous programmez ont-il un lien avec la France et la Normandie ?

C’est vrai qu’en France, nous sommes moins tournés vers notre pays vers les pays du Nord. Les artistes qui sont parfois inconnus ici sont souvent connus en Allemagne ou en Angleterre. Cette année en musique, on va proposer Samaris des islandaises, qui comme Bror Gunnar Jansson quasiment inconnues du public français. Elles ont seulement fait une seule représentation à Paris au Point Éphémère. Pourtant, elles étaient invitées cette année au Sonar Festival en Espagne. Les artistes pensent à la France comme un pays important en termes de développement. Ils savent que la Basse-Normandie est un point de chute naturel avec le festival. De notre coté, nous n’avons pas de moyens financiers considérables et nous sommes avides d’artistes nouveaux à faire découvrir.

  • Vous pouvez programmer autant des concerts que des cafés littéraires. D’où viens cette volonté de pluridisciplinarité ?

En Scandinavie, on ne hiérarchise pas les choses, c’est assez logique. Comme ce sont des petits pays, les gens passent plus facilement d’un domaine à un autre, ce qui nous permet de nous adresser à un public différent. Ce qui est intéressant,  c’est de pouvoir emmener des personnes de 60 ans à un concert pop et inversement, de proposer à un public de 18 à 25 ans des cafés littéraires ou des expositions photos. En France on pense être les meilleurs, mais, au final, notre ouverture d’esprit est assez limitée.

Notre souhait serait que chacun puisse aller d’un concert à un autre, d’une manifestation à une autre sans difficultés, sans apriori, sans préjugés. Notre coup de cœur de cette année : les finlandais de Super Sunday, j’aimerais vraiment que tout le monde puisse aller voir ce spectacle.

Super Sunday from Race Horse Company on Vimeo.

  • Pour finir, pensez-vous que les nouvelles campagnes de communication plus ludiques du festival auraient contribué aux succès des dernières éditions

Non. On a renouvelé la communication il y a 3 ans maintenant pour les 20 ans du festival en changeant l’image et en essayant d’être un peu plus proche du public. Mais c’est aussi parce que depuis 3 ans, les réseaux sociaux ont énormément progressé. Cette interactivité là et cette discussion plus spontanée et immédiate est rendue possible par les médias eux même. Par exemple, quand j’ai commencé le festival il y a 20 ans, il n’y avait ni mail ni téléphones portables. La communication restait très basique : lorsque tu faisais les affiches, tu allais directement chez l’imprimeur vérifier si les couleurs étaient bonnes, tu ne recevais pas l’image en PDF en quelques secondes comme aujourd’hui. Le festival a connu des manières de communiquer très différentes. C’est vrai que maintenant, nous sommes revenus à une communication plus » clin d’œil » avec ce rapport au vintage durant les 2 précédentes éditions. Cette année on est parti sur une communication plus jacquard. Peux être que ça nous a rapproché du public, mais nous avons toujours eu un public nombreux sur le festival. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que la jeunesse s’empare du festival. Elle a découvert le festival au lycée en allant voir des spectacles ou en recevant des écrivains dans leurs classes. Quand ils deviennent adultes, ils connaissent déjà, et ils peuvent faire leurs choix sans être dans une logique d’école. C’est vraiment intéressant pour nous car nous avons semé tout ça années après années.

Teaser Les Boréales 2014 from Alban Van Wassenhove on Vimeo.

Rendez-vous donc du 13 au 30 novembre 2014 pour la 23ème édition du Festival Les Boréales avec comme thême cette année : Norvège Lettonie – Riga 2014.

Pour plus d’infos et consulter le programme rendez-vous sur : http://www.crlbn.fr/les-boreales/

Le festival les Boréales est également sur les réseaux sociaux :

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