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Ce qu’il faut retenir du festival Beauregard 2015

BeauregardLive

Beaucoup d’attentes et de promesses pour cette édition 2015 du festival Beauregard et son programme très prometteur. Le résultat ? Beaucoup de satisfaction. On vous raconte tout !

 
LE BONUS PRÉ-FESTIVAL : LE DAY BEFORE

L’année dernière, Stromae avait rempli le parc pour un show d’anthologie. Changement de style cette année : guitares acérées, basses grondantes et chants puissants, bienvenue dans le monde du Hard Rock ! Pas forcément facile d’entamer un festival avec un tel style, c’est pourtant ce défi que les Caennais d’Headcharger ont relevés aisément. Groupe local, mais un niveau vraiment très professionnel et une musique massive. Même si le public a mis du temps à se motiver et même si le set était trop mou en comparaison avec le répertoire du groupe, le quatuor se révèle en tant que grand groupe. Les quatre filles de Crucified Barbara ont ensuite repris la main pour nous offrir un set bien couillu. Une brutalité authentique mais sensuelle, des filles sexy et déchainées, c’était le paradis des metalleux. Mais le style des nanas paraissait bien trop classique voire cliché. Une longue pause attendait les festivaliers, le temps pour les retardataires de rejoindre la pelouse de John. Après une chute de rideau magistrale, c’est Scorpions qui rentrait en scène. La mise en scène nous a surpris même si les effets vidéos étaient affreux. Quel plaisir de voir un tel groupe toujours en forme après tant d’années de carrière. On enchaine les gros morceaux avec les magnifiques ballades pour enfin terminer sur les grands « Still Loving You » et « Rock You Like A Hurricane ». Un moment d’anthologie.

 
JUNGLE, CYPRESS HILL, SUPERDISCOUNT, … : LES FESTIFS !

Des feux d’artifices sonores et des grands concerts, c’était le menu du vendredi. Les américains de Cypress Hill nous auront particulièrement bluffé par cette maitrise de la foule et cette énergie sans faille. Du grand spectacle. On aura aussi apprécié la belle et poétique prestation de la savoureuse Christine & The Queens et son univers intime et transcendant. Après ça, on aura pu faire la fête avec Jungle et leur set incisif bien que parfois monotone, ainsi qu’Étienne de Crécy et son live Superdiscount 3 pour des morceaux qui transpirent l’analogique. On aura eu de belles surprises comme Bo Ningen ou Alt-J en groupe métamorphosé et devenu orgasmique en live par ses jeux de lumière géants. En résumé : un « premier » jour très festif.

 
FLORENCE + THE MACHINE, STING, JULIEN DORÉ… : LES BÊTES DE SCÈNE !

Impossible de décrire notre plaisir et celui qu’on a ressenti dans la foule à la vue de cette légende qu’est Sting. Ses titres solo nous ont fait bouillir de joie, mais ce n’est rien comparé aux titres issus de The Police comme « So Lonely » ou l’inimitable « Roxane » qui se paye une chorale géante qu’est le public. Du grand spectacle, sans doute le moment le plus grand de l’histoire du festival. Autre grand moment : la diva Florence + The Machine. Une hippie des temps modernes, des musiciens nombreux et prestigieux ainsi qu’une générosité indescriptible avec le public. Elle aura eu le mérite de nous offrir un des meilleurs live de cette édition, tout simplement car c’est elle, une bête de scène où tous les regards ne peuvent que converger vers elle. Du grand art. Après ça, on a été captivés par le concert de Julien Doré qui n’a quasiment que joué son dernier album, le plus abouti. De la douceur, de la mélancolie et malgré tout beaucoup d’énergie, là aussi le partage avec le public était beau. Plus tôt dans la journée, ce sont les lives bouillants de The Goaties, Marmozets et The Strypes qui ont embrasés les premiers festivaliers. Mention spéciale pour Talisco qui nous a bluffé par sa joie et sa musique pleine de bonne humeur, le public a d’ailleurs donné beaucoup de répondant. C’est après un DJ set géant des 2ManyDjs qu’on est parti se coucher avec des souvenirs plein la tête.

 
ASAF AVIDAN, LENNY KRAVITZ, DJANGO DJANGO, BENJAMIN CLEMENTINE, … : ENTRE ÉMOTION ET FESTIVITÉ

Ce dimanche nous a offert un beau trio gagnant. À commencer par Django Django et un concert dansant et caractériel dont seul eux ont le secret. C’était à savourer jusqu’à la dernière miette, un délice. Asaf Avidan nous aura aussi impressionné par sa personnalité, sa présence scénique et son répertoire. Captivant et délicieux, le jeune israélien a largement fait ses preuves devant un public conquis. Enfin, Benjamin Clementine nous a montré une toute autre personnalité que le concert précédent. Un homme très timide quand il s’agit de s’adresser à son public, mais un musicien virtuose et incroyable pendant ses morceaux. Le calme régnait dans le parc pour savourer un concert magnifique. Étienne Daho nous a également offert un des autres grands moments de ce dernier jour, mais le clou du spectacle fut Lenny Kravitz. Un homme au sommet de son art, une communication avec ses musiciens qui relevait du métaphysique pour laisser place à de longs et incroyables jams. Une telle alchimie entre un artiste et ses musiciens ne se voit que très rarement aujourd’hui. Finalement, le festival a trouvé son apothéose avec une introduction mythique, un milieu légendaire et un final explosif. Ça laisse de bons présages pour l’année prochaine !

À propos de l'auteur

Pablo

Pablo

Co-fondateur de Culturacaen.fr - Rédacteur Musique
Parisien attaché à sa région d'adoption, Pablo est passionné d'histoire, de politique et surtout de culture et de musique. Baigné dans le cadre des professions et passions culturelles de ses parents, il s'est profondément attaché au monde du spectacle dès son plus jeune âge. Très vite, s'informer et écrire sur cette passion devient une obsession. Cette dernière étant toujours en phase avec l'actualité, notamment régionale. Écrire, apprendre, rencontrer et se rendre aux événements sont pour lui des nécessités, des plaisirs et des facteurs d'enrichissement.