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La Légende du Roi Arthur : un voyage à Camelot !

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Ce week-end, Camelot a ouvert ses postes au public caennais. La troupe du spectacle La Légende du Roi Arthur a investi le plateau du Zénith de Caen, après plusieurs mois de représentations parisiennes. Si certains éléments nous ont moyennement convaincus, cette nouvelle création est un spectacle visuellement très réussi !

Au plateau, une quarantaine d’artistes évoluent autour du personnage d’Arthur. Le casting, dans les interprètes principaux, est très inégal, tant vocalement que dans leurs aptitudes en comédie. Véritable révélation de ce spectacle, Fabien Incardona est une découverte comme on en souhaiterait à chaque spectacle. Du grave au plus aigu, le fantastique interprète du terrible Prince Méléagant se balade, naturellement, dans les méandres de ses possibilités vocales. Charismatique, il endosse à merveille le costume maléfique de son personnage. Ses tableaux comptent parmi les plus grandioses du spectacle. Il s’offre l’ouverture, avec Advienne que pourra, entouré d’un groupe de danseurs, dans une chorégraphie inspirée du Haka néozélandais.

Le chevalier Ké, apporte la dose d’humour nécessaire. A grands coups de boutades, toutes plus loufoques les unes que les autres, chargées d’anachronismes hilarants, l’excellent Yamin Dib rallie l’ensemble du Zénith à sa cause.

Le rôle principal, tenu par Florent Mothe, découvert dans Mozart l’Opéra Rock, tient toutes ses promesses. Seul personnage à connaître une vraie évolution dans le spectacle, celle-ci est inscrite dans l’enrichissement progressif de son costume. Son interprète porte Arthur, le respire, tout au long des deux actes, du jeune écuyer gringalet peu sûr de lui, jusqu’au Roi majestueux, diffusant son aura. Florent Mothe est d’une justesse étonnante, de bout en bout. Homme trompé, quand il invoque Merlin, on y trouve du théâtre pur. On imagine sans peine le travail, en amont, pour acquérir l’envergure d’un tel personnage. Séduit par ses aptitudes théâtrales, on en oublierait presque la beauté de ses performances vocales. Intense, de velours, ou déchirante, elle achève le spectacle avec  Auprès d’un autre, véritable cri de l’âme, passionné et saisissant. La scène est rempli de personnages, et pourtant, lui seul l’habite à cet instant…

Si musicalement, la création ne fait pas étalage d’une réelle originalité, restant dans les codes bien établis de la comédie musicale à la française, c’est véritablement sur la mise en scène et les éléments visuels que celle-ci se démarque. Ce spectacle se voit avec du recul, surtout pas au premier rang ! Les textures se mélangent régulièrement : une fumée, réelle physiquement, est diffusée, alors que sont projetées des nuages en images de synthèse. L’œil ne sait plus ce qu’il voit, ne perçoit plus la différence. La scène s’étire, sans limites, dans un plateau qui semble démesuré…

L’espace est exploité dans ses moindres recoins, dans une mise en scène bien pensée. A plusieurs reprises, le spectacle nous donne à voir les artistes en avant scène. Nous nous y accrochons. Puis, par transparence, nous découvrons des danseurs, au lointain, au travers des faux vitraux installés. Quand ceux-ci s’effacent, les images de synthèse poursuivent et étirent la perspective, jusqu’à l’infini.

Le vrai numéro d’équilibriste de ce spectacle est de parvenir à combler les lacunes de certains titres, par une installation scénique qui, finalement, vous empêche à chaque fois d’être déçu. Ainsi, sur la très (trop !) convenue Quelque chose de magique, le tableau est relevé par un sublime duo, en aérien, derrière les fameux vitraux.

La Légende du Roi Arthur a le mérite d’explorer des éléments de mise en scène plutôt originaux, qui donnent du volume à ce spectacle. La Table Ronde mobile, point de rassemblement, d’accroche et de déséquilibre, est parfaite. Le spectacle assume ses partis pris, même lorsqu’il plonge ses spectateurs (grand public et familial) dans une atmosphère morbide. Osé, ce choix n’en est que plus appréciable, comme en témoigne le tableau A nos vœux sacrés, porté par un Fabien Incardona diaboliquement fantastique, entouré de danseurs affublés de cages à roulettes et de squelettes.

On pourrait encore citer de nombreux éléments très réussis : des combats chorégraphiés et réalisés avec une belle fluidité, un danseur unijambiste virevoltant sur ses béquilles dans un ballet déconcertant, des costumes finement ornés, une démonstration de danse celtique…  Malgré quelques fausses notes, La Légende du Roi Arthur tient ses promesses. Quand Camelot vous ouvre ses portes, milles images vous transportent !

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !